Sebastian Diaz Morales
(Argentine, né en 1975, vit à Amsterdam)

du 11 novembre au 17 décembre 2005
Une contribution d'attitudes à la 11e Biennale de l'Image en Mouvement

Pour sa première exposition en Suisse, Sebastian Diaz Morales présente l'installation Dependencia dans sa version complète. Cette installation, composée de cinq projections vidéo, propose une réflexion sur la notion de dépendance, qu'elle soit sociale, politique ou économique.

Paredon, 5', 2005
projection vidéo et dessin gravé, sans son

Dans la vidéo Paredon (mur), un homme assis sur une chaise se lève. Il regarde la chaise, et l'image de son corps ayant disparu laisse place à son pourtour gravé à même le mur. En se déplaçant, il constate la trace de sa présence, qui subsiste tel un spectre. La première étape de l'installation se focalise donc sur l'être humain, qui ne semble qu'en partie maître de sa destinée. Le second film, Aguante las piedras, introduit le rapport que l'individu entretient avec son environnement direct. Il est projeté sur un petit panneau en bois, suspendu. A l'image, une femme, debout dans un champ, regarde en l'air. De temps à autre, une pierre tombe du ciel, elle la saisit et la pose à ses pieds. Ainsi, une source de danger est transformée : la pierre - arme ou rebut - n'est pas subie, mais stockée pour construire des projets d'avenir. Avec une grande simplicité, cette vidéo rend hommage à la débrouille, à la récupération et à la transformation.


Aguante las piedras, 15', 2005
projection vidéo sur bois, n/b, sans son

La troisième phase est Dependents, une paire de vidéos projetées sur deux murs opposés. Deux individus isolés dans ce terrain hostile qu'est la Patagonie se font face et entrent de ce fait dans un état de relation réciproque. L'un, recroquevillé sur lui-même, semble chercher son salut dans son for intérieur. L'autre, debout, se présente dans une position dominante, autant par rapport au désert que vis-à-vis de son congénère. Toutefois, le contact entre eux reste distant. Les vidéos finissent par se fondre dans la lumière blanche qui laisse transparaître des textes gravés dans le plâtre du mur. Ces mots expriment les pensées des personnages, et on comprend qu'aucun des deux n'est satisfait de sa situation.

Dependents, 5', 2005
deux projections vidéo et textes gravés, sans son

Enfin, la vidéo Lucharemos hasta anular la ley (Nous lutterons jusqu'à l'annulation de la loi) traite plus directement des rapports sociaux conflictuels caractéristiques de l'Argentine après l'effondrement de 2001. Elle a été tournée lors d'une manifestation qui visait à abroger une loi que certains considéraient comme une négation de leur personne, puisqu'elle interdisait aux gens de travailler dans la rue. Les manifestants hurlent et frappent contre la porte d'entrée du Parlement. L'image est modifiée par un filtre lui donnant l'esthétique séduisante d'un dessin - animé - à la craie sur un tableau noir. Elle est ainsi partiellement extraite de son contexte et un peu énigmatique, comme une vibration oscillant entre le réel et le songe. Ce film nous confronte à l'archétype du conflit social, où les classes moyennes diminuent au profit d'une division accrue des couches sociales, où les opprimés réagissent face à l'oppresseur, et les pauvres face aux nantis.


Lucharemos hasta anular la ley, 10', 2005
projection vidéo sur mur noir, n/b, son stereo

Avec cette installation, Sebastian Díaz Morales évoque bien sûr son pays, celui d'hier et celui d'aujourd'hui, qui tente de sortir d'un état de crise. Mais son propos est aussi plus universel, il traite un cas de figure malheureusement de plus en plus répandu, à savoir une situation sociale, économique et politique fragile et instable. Comme à son habitude, il aborde cette réflexion par le biais d'une considération sur la société, mais aussi sur ce qui fonde celle-ci, c'est-à-dire l'individu, et son rapport à lui-même et à l'autre. La forme de l'installation est aussi pensée de manière ouverte, puisqu'elle permet au spectateur de faire le tour des étapes autant de fois qu'il le souhaite et dans tous les sens possibles.

L'exposition de Sebastian Diaz Morales bénéficie du soutien de Pro Helvetia, fondation suisse pour la culture.


expositions personnelles
2005 Dependencia, attitudes - espace d'arts contemporains, Genève / Galerie carlier | gebauer, Berlin / Galeie Yvon Lambert, Le Studio, Paris / L'Ordre des architectes en Ile-de-France, Paris / Le Plateau, Paris / 2004 Kunst-Werke, Berlin / Tate Modern, London / 2003 In a not so Distant Future, Stedelijk Museum Bureau, Amsterdam / Büro Empty Contemporary Art, Amsterdam / 2002 galerie carlier | gebauer, Berlin / Vidéocube, FIAC 02, Paris / Blickwissel, Parapluefabriek, Nijmegen / 2000 Open Circuit, n.s.a. Galley, Durban (collaboration avec Jo Ractliffe)

expositions collectives
2005
New Cinema, Buenos Dias Santiago, Museo de Arte Contemporaneo, curateur attitudes, Santiago de Chile, / Trienale, Torino / Inverting the Map, Tate Liverpool / Banquete Comunicacion, Islas Canarias / Box, Art in General, No Convenient Subway Stops, New York / Imagees Intermitentes: Arte Argentino Contemporaneo, Centro Cultural de Espana, Lima / E-flux Video Rental, curateur Mai Abu ElDahab, New York / LMAK Projects, New York / Imagespassages, Annecy / Banquete Comunicacion, Conde Duque, Madrid / 2004 Le Plateau, Ralentir Vite, Paris / Situations construites, attitudes - espace d'arts cpontemporains, Genève / Double Vision, World Wide Video Festival, Amsterdam / Extra-City, curateur Wim Peeters et Marie Denkton / Trienale, Milano / Surfacing, Ludwig Museum, Budapest / Biennale Shanghi, Shanghai Art Museum, Shanghai / Jeu de Paumes, Paris / Salon Van Bommel, Venlo / Emotion Eins, Frankfurter Kunstverein, Frankfurt / World Wide Video Festival, Amsterdam / Panorama 5, Le Fresnoy, Roubaix / How Soon is Now, Caermersklooster, Gent / Todo va a estar bien, programme Rufino Tamayo, Ciudad de Mexico / Views in Asia, The Store, Paris / 2003 Gallery Pepe Cobo, Sevilla / Coexistence, Rose Museum, Boston / 2002 animo, Museum Beelden aan zee, Den Haag/Scheveningen / Master Views, (avec Jeroen de Rijke et Anri Sala), NICC, Antwerpen / Telepathic Journeys, (curated by Joan Jonas and Jane Farver), MIT, List Visual Art Center, Cambridge / Artis Den Bosch, Den Bosch / Biennial of Sao Paulo, (collaboration avec Jo Ractliffe) Sao Paulo / Bud Cuyp, Amsterdam / Van Bommel Van Dam Museum, Venlo / Just Like a That Prod, Open Atelier Rijksakademie, Amsterdam / Joubert Park Project, (collaboration avec Jo Ractliffe), Johannesburg / Biennial Berlin, Berlin / Reina Sofia, Madrid / De Balie, Amterdam / De Appel, Amsterdam / Silent Forces, Hall Pusat Kebudayaan Jepang, Jakarta / Open Atelier Rijksakademie, Amsterdam / 2000 Argentina, Rijksakademie Van Beeldende Kunsten, (avec Patricio Larrambebere), Amsterdam

Festivals de films et video et projections
2005
11e Biennale de l'Image en Mouvement, Centre pour l'image contemporaine, Genève / L'Ordre des architectes en Ile-de-France, Paris / 2003 MK2, Paris / Espace Croix-Baragnon, Toulouse / Operacion Rescate, MAMba, Buenos Aires / In Focus, compilation de videos 1997 - 2002, World Wide Video Festival, Amsterdam / 2002 Just Like a That Productions, Museum Abteiberg, Monchengladbach / Viper Film and Video Festival, Basel / Impakt Festival, Utrecht / International Film Festival of Rotterdam, Rotterdam / Festival de las Artes, C.R., Argentina / 2001 Impakt Festival voor Vernieuwende beeld en Geluidscultuur, Centraal Museum, Utrecht / Melkweg et W139, Amsterdam / World Wide Video Festival, Amsterdam / 2000 Pusan International Contemporary Art Festival, Pusan, Corée du Sud / Independent Film and Video Festival, New York / World Wide Video Festival, Melkweg et W139, Amsterdam