les roses de Jéricho, vues de l'exposition
Bien qu'elles
soient irréductibles à une lecture unique, les œuvres réunies
dans l'exposition Les roses de Jéricho, évoquent, à mes yeux, la notion d'origine : c'est à dire le caractère premier d'une forme du passé, qui persiste, survit au présent, demeure et traverse les siècles vers le futur. Certaines oeuvres peuvent être perçues comme archaïques, par exemple les oeuvres de Dove Allouche, Gyan Panchal, d'autres comme primitives celles de Vincent Beaurin, Guillaume Leblon ou encore empreintes de magie, d'artifice et de mystère, celles de Laurent Grasso, Véronique Joumard, Pierre Vadi et Ulla Von Brandenburg.
Objets de culte mystérieux, d'usage ou de contemplation, ces oeuvres
jouent de contraste : le brut et le sophistiqué, le naturel et
l'artificiel, le lisse et le tranchant, dans leur mode de production
comme dans leurs formes où certaines strates techniques sont souvent
visibles.
Les matériaux choisis par les artistes sont par exemple le polystyrène
(issu du pétrole), le silex, la résine tendre (qui peut être aussi
un fossile), la peinture thermosensible, les minéraux, le tissage,
le tirage photographique au charbon. Ces oeuvres ont un rapport
indéfinissable à l'histoire. Elles ne sont ni passéistes, ni futuristes.
Elles incarnent une certaine mutation des objets, au sens où leur
identité est hybride et transitoire. Elles évoquent le temps qui
boucle sur lui-même et persiste.
les roses de Jéricho, vues de l'exposition
C'est pourquoi
j'ai choisi pour titre à cette exposition le nom de cette plante
"fossile" extraordinaire, espèce archaïque qui existait déjà au
temps des dinosaures, adaptée aux rudes conditions de survie des
milieux désertiques. En période de sécheresse, elle perd presque
toute son eau et se recroqueville à tel point qu'on la croirait
morte. Pourtant dès les premières pluies, elle se gorge d'eau,
reverdit et revient à la vie. Plante du Moyen-Orient, elle fut
baptisée comme cela par analogie à Jéricho qui renaissait sans
cesse de ses cendres.
Claire Le Restif, le 12 février 2007 à Ivry-sur-Seine
| L'exposition
Les roses de Jéricho bénéficie
d'un soutien de CULTURESFRANCES
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L'exposition
Les roses de Jéricho, dont Claire Le Restif est la commissaire,
fait partie d'une collaboration sous forme de carte blanche mutuelle
entre attitudes à Genève et le Crédac à Ivry-sur-Seine. Pour notre
part, nous réaliserons au Crédac une exposition au titre évocateur,
"Expériences insulaires", pour laquelle nous avons invité
les frères Chapuisat, Simon Faithfull, Hoio, Peter Regli et Thu
van Tran.
Jean-Paul
Felley & Olivier Kaeser directeurs d'attitudes