AILLEURS 3
Ian Anüll
Sarah Ciraci
Beat Streuli
Monica Studer/Christoph van den Berg

Glassbox, Paris
5 septembre au 3 octobre 1999

du jeudi au dimanche de 14 à 20 heures

une soirée films au Centre culturel suisse, Paris, avec Renée Green et Lisl Ponger
le 5 septembre 1999 à 19 heures


ailleurs 3


Ian Anüll (1948, Zurich) présentera une photographie prise sur place, dans laquelle il s’est mis en scène. Cette image fait partie de la série "STYLE", initiée il y a neuf ans. Il s’agit de photographies prises aux quatre coins du monde, aux rythmes de ses voyages. Ces images donnent à voir des gens, des lieux, des détails urbains et architecturaux où s’immisce toujours, telle une signature anonyme, un panneau comportant le mot « style » écrit dans la langue locale. Une sélection de cette série de photographies, marouflées sur toile, seront présentées à Glassbox, alors que quatre images, imprimées en sets de tables seront utilisées comme tels au Café Charbon voisin. Ian Anüll réalisera également un travail radical in-situ à propos de l’argent et plus particulièrement de la mainmise du dollar sur l’économie mondiale.

ian anüll

Sarah Ciraci (1972, Milan) tapissera la plus petite salle de Glassbox avec un papier peint représentant un paysage virtuel. A partir d’un mélange d’images réelles retravaillées par ordinateur, l’artiste crée des paysages désertiques ou aquatiques qui semblent photographiés sur une autre planète. Dans une autre salle, une projection en fondu enchaîné de deux diapositives permettra d’assister à l’atterrissage et au départ d’un astronef sur un terrain chargé de nombreuses et nébuleuses interprétations extra-terrestres, à savoir la surface du grand verre de Duchamp photographié par Man Ray. ·

sarah ciraci


Beat Streuli (1957, Düsseldorf) présentera des nouvelles bandes vidéo où des gens descendent en escalators dans des bouches de métro, à Düsseldorf et à Tokyo. Ces vidéos donnent à voir - au ralenti - des individus perdus dans leurs pensées et charriés mécaniquement vers le bas. Ces moment précis d’immobilité, volés dans la migration quotidienne, offrent la possibilité d’observer des gestes, des détails de comportements ainsi que des modes vestimentaires qui sont autant de caractéristiques d’une société, d’une culture et d’une époque. Beat Streuli a délibérément choisi pour cette exposition de présenter côte à côte des vidéos tournées à Tokyo et à Düsseldorf, où il réside, car cette ville allemande anonyme est pour lui autant un ailleurs que les nombreuses autres villes qui nourrissent toute son oeuvre.

beat streuli


Monica Studer/Christoph van den Berg (1960/62, Bâle) ont conçu en 1998, lors d’un séjour en Finlande, un projet pour le web centré sur la ville d’Helsinki. Pour ce travail « d’archivistes », ils ont pris des centaines de photos dans la ville, qu’ils ont ensuite rassemblées en « familles » : Viewport Helsinki (bateaux), Autoport SF (voitures), VH Port 2 (architectures urbaines), Public Transport (bus). Ce portrait stylistique d’une ville, riche et systématique, met en évidence des spécificités formelles et usuelles de la ville d’Helsinki. Pour l’exposition « ailleurs 3 », Monica Studer/Christoph van den Berg présenteront, sur écran d’ordinateur, une version remaniée et augmentée de cette oeuvre. Ils incluront à l’ensemble d’Helsinki des photographies prisent à Paris ; des images décalées qui viendront perturber les évidences apparentes, tels des virus endormis.

studer vd berg

http://www.xcult.ch/ateliers/atelier2/stuvdb/vphels/pages/viewport5.html


« AILLEURS 3 »
FILMS C/O CENTRE CULTUREL SUISSE, PARIS

Renée Green (1959, New York) Some chance operations, 1999, 36’ (video) Tourné à Naples, Vienne et New York, ce film vidéo explore la notion d’archives, en l’occurrence le film, comme support instable de la mémoire. Il se concentre sur la figure de la cinéaste Elvira Notari, qui dirigeait une maison de production de films à Naples de 1906 à 1930. Elle produisit 60 films, mais seulement trois d’entre eux sont aujourd’hui intacts. Ses films étaient très populaires, tant à Naples qu’à New York, où les émigrés les réclamaient. Qui se souvient de ces films aujourd’hui ? Comment les gens imaginent ce qui est distant, dans le temps et dans l’espace ? Comment évoquer ce qui a été familier, et comment ce mélange de souvenir et d’imaginaire se retrouve dans les mots, les sons, les sensations et les images ? Voilà quelques questions qui sont développées dans Some chance operations. Cette enquête minutieuse inclut notamment une série de commentaires à propos de Naples, récoltés auprès de plusieurs personnes qui n’y vivent pas.

Lisl Ponger (1947, Vienne) Passagen, 1996, 12’ (35 mm) déjà vu, 1999, 23’ (35 mm) Ces deux films sont réalisés à partir de films trouvés. Dans « Passagen », la ville de Vienne tient le rôle central tant pour des gens qui l’ont quittée, contre leur gré, que pour ceux qui s’y sont établis. Ce film esquisse des histoires d’émigrants qui apparaissent comme autant de traces de la mémoire occidentale imprégnées dans le monde entier. Si « Passagen » est une sorte de premier essai, « déjà vu » en est l’aboutissement. « déjà vu » est construit à partir de 60 heures de pellicule 8 mm trouvées au marché aux puces de Vienne, tournées par un couple lors de douze croisières effectuées à travers le monde. A partir de cet ensemble, Lisl Ponger décide de construire un nouveau récit. Elle sélectionne 23 minutes de pellicule - des plans dans leur durée originale - qu’elle choisit pour leur qualité d’exotisme. Ces images nous transportent en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud. Ponger instaure des rapprochements thématiques, géographiques, chromatiques, et donne aux images de nouvelles perspectives d’interprétation. En voix off, des commentaires évoquent, en plus de dix langues, des considérations sociales et politiques touchant notamment la question coloniale. « déjà vu » interpelle chacun de nous dans une position à la fois agréable et ambiguë, celle de touriste. Un texte sur les enjeux de « déjà vu », écrit par Tim Sharp, sera spécialement traduit pour cette soirée.

NOTES BIOGRAPHIQUES

Ian Anüll, né en 1948, vit à Zurich. Il développe un travail à la fois poétique et politique. Depuis de nombreuses années, il consolide une position humaine et artistique de résistance à toute forme d’ordre établi. Suisse, mais le plus souvent nomade, il fait de la mobilité tant physique que spirituelle un des enjeux centraux de sa vie. Il a notamment exposé à la Kunsthalle de Zurich, à Fri-Art Centre d’art contemporain de Fribourg, à la Biennale de Sao Paolo, au Swiss Institute à New York ou à la Kunsthalle Palazzo à Liestal.

Sarah Ciraci est née en 1972, elle vit à Milan. Elle utilise tant la vidéo que les nouveaux médias grâce auxquels elle crée des univers artificiels. Ses « paysages » et autres compositions numériques montrent une audace prometteuse dans la constitution d’une esthétique personnelle. Elle a entre autre participé à l’exposition Campo 6 (Turin et Maastricht) et à Aperto 95 (Trevi). Aujourd’hui, Sarah Ciraci est représentée par la Galerie Emi Fontana à Milan.

Beat Streuli, né en 1967, vit à Düsseldorf. Par la photographie, la vidéo et des installations composées de projections de diapositives de grand format, il développe au fil des années un travail d’observation intense et singulière des individus évoluant dans la rue. De l’Europe à l’Australie, des Etats-Unis au Japon, il scrute les gens en révélant autant leurs apparences extérieures que leur préoccupations intérieures. Parmi les institutions qui l’ont récemment accueilli, on peut relever le Würtembergischer Kunstverein de Stuttgart, la Kunsthalle de New York, les Biennales de Kwangju et de Sydney, la Kunsthalle de Zurich.

Monica Studer/Christoph van den Berg (1960/1962) vivent à Bâle. Ils travaillent ensemble depuis 1990. L’ordinateur est leur outil de prédilection. Ils l’ont d’abord utilisés pour le calcul et l’exécution de projets dont ils déterminaient les concepts de base. Les oeuvres en découlant étaient matérialisées en 2 ou 3 dimensions, et l’ordinateur lui-même était visuellement absent. Plus récemment, ils ont poursuivit leur recherche sur le support web. Plusieurs projets sont visibles sur Internet. Ils ont notamment exposé au Centre d’art contemporain à Genève, au Kleines Helmhaus à Zurich, au Musée Jurassien des Arts à Moutier, au Mathematisches Institut de Bâle, au Fotomuseum de Winterthur.

Renée Green, née en 1959 à Cleveland, est artiste et écrivain. Elle vit à New York et enseigne à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne. Son oeuvre mêle tout ce qui compose sa vie et celle des autres : ses voyages réels ou virtuels alimentent son identité d’artiste. Auteur de plusieurs livres, elle a notamment exposé à la Biennale de Venise Aperto 93, au MOCA de Los Angeles, au Whitney Museum of American Art, au Musée d’Art contemporain de Chicago, à la Fondation De Appel à Amsterdam ou encore à la Secession de Vienne.

Lisl Ponger est née en 1947 à Nuremberg. Elle suit une formation de photographe à Vienne. De 1974 à 1978, séjours au Mexique et aux Etats-Unis. Premier film en 1979. En 1987, conception et organisation de la présentation de films d'avant-garde «Die Schatten im Silber. Reçoit en 1988 le Prix autrichien d'encouragement pour son oeuvre cinématographique. En 1990, parution du livre de photographies « Doppleranarchie - Wien 1967-1972 », en 1993 « Fremdes Wien », en 1995 - Xenographische Ansichten », en 1998 (avec Peter Handke) « Ein Wortland ». Nombreux travaux photographiques pour des journaux et des revues, expositions. 1998-1999, chargée d'enseignement en photographie à Vienne.


« AILLEURS » - le projet Le projet « ailleurs » tient compte tant du fonctionnement d’attitudes que des oeuvres des artistes choisis. Sous le nom d’attitudes nous concevons et réalisons des expositions parallèlement dans notre espace à Genève et dans d’autres contextes artistiques, sur leur invitation. Pour le projet « ailleurs », nous avons décidé de relier diverses expositions extra-muros autour d’un même thème, que nous développons dans l’espace et dans le temps, sur une durée d’un peu plus d’une année. Un constat : les artistes voyagent de plus en plus de par le monde. Cette mobilité génère des oeuvres qui naissent d’un ailleurs, c’est-à-dire d’un contexte différent de celui dans lequel l’artiste vit. Certains artistes intègrent dans leurs oeuvres les caractéristiques des lieux où ils séjournent. D’autres se rendent dans un lieu précis pour y réaliser un travail spécifique. Il y a aussi les artistes qui ne vivent pas dans leur pays d’origine, mais développent un travail qui s’y réfère. D’autres encore imaginent des ailleurs virtuels qui naissent au travers des nouvelles technologies. La notion de l’ailleurs peut être culturelle, géographique, politique, virtuelle, mentale ou fictive. Elle est à la fois contenue dans les oeuvres des artistes et dans les étapes de ce projet. « Ailleurs » est composé d’une série d’expositions réalisées dans des villes différentes, avec des artistes différents. Les expositions sont planifiées dans les lieux et aux dates suivantes : Kunstraum Kreuzlingen (CH), du 15 janvier au 28 février 1999 ; Kaskadenkondensator, Bâle, du 12 mars au 18 avril 1999 ; Glassbox, Paris, du 4 septembre au 3 octobre 1999 ; ACC Galerie, Weimar, du 10 décembre 1999 à fin janvier 2000 (avec Skuc Galerie de Ljubjiana); attitudes, Genève, en mars-avril 2000. Un livre paraîtra à l’occasion de la dernière étape, avec des contributions de tous les artistes ayant participé au projet. Les artistes des trois premières étapes du projet « ailleurs » sont : Franz Ackermann (D), Ian Anüll (CH), Mourad Cheraït (D/Tunisie), Sarah Ciraci (I), Jean Crotti (CH), Yan Duyvendak (NL/CH), Renée Green (USA), Qiu Jie (Chine/CH), Jérôme Leuba (CH), Jean-Luc Manz (CH), Stefan Nikolaev (Bulgarie), Daniel Pflumm (D), Lisl Ponger (A), Monica Studer/Christoph van den Berg (CH), Beat Streuli (CH), Robert Suermondt (CH), Olivier Tourenc / Nicolas Komaroff (F), Cyril Verrier (F).

Glassbox 113 bis rue Oberkampf, 75011 Paris tél/fax +33.1.43.38.02.82 e-mail : glassbox@hotmail.com www.icono.org/glassbox

Centre Culturel Suisse 32 rue des Francs-Bourgeois, 75003 Paris tél. +33.1.42.71.44.50 fax +33.1.42.71.51.24 e-mail : centreculturelsuisse@wanadoo.fr www.ccsparis.com

Le projet « ailleurs 3 » bénéficie du soutien de la Fondation Stanley Thomas Johnson et de la Fondation Nestlé pour l’art. Nos remerciements vont à l’équipe de Glassbox et au Centre Culturel Suisse. Glassbox bénéficie du soutien de Ministère de la Culture, de Totem et du Café Le Charbon.

 

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