the stockholm connection

elsewhere 4
Raphaël Boccanfuso, Mauricio Dias & Walter Riedweg, Christoph Draeger, Eric Hattan, Koka Ramishvili, Elizabeth Saveri

ACC Galerie, Weimar
du 10 décembre 1999 au 30 janvier 2000
vernissage le 10 décembre à 20 heures
ouvert du mardi au dimanche de 12 à 18 heures
visites commentées chaque dimanche à 15 heures

Burgplatz 1+2, D-99423 Weimar
tel (+49).03643/851261, fax (+49).03643/851263
e-mail: info@acc-weimar.de
http://www.acc-weimar.de

partie Galerija Škuc: somewhere else
Joze Barši, Bojan Gorenec, Maja Licul, Hajnal Németh, Goran Petercol, Nebojša Šeric-Šoba, Nika Špan

catalogue de la partie "somewhere else disponible auprès de la galerie Skuc: drustvo.skuc@guest.arnes.si
ou par courrier: Galerija Skuc, Stari trg 21,
SLO-1000 Ljubljana

invitation

Le titre générique de cette exposition - the stockholm connection - se réfère à la rencontre entre Gregor Podnar, de Skuc Galerija (Ljubljana), et Jean-Paul Felley et Olivier Kaeser, d'attitudes (Genève), lors du First European Seminar for Artist Run Spaces qui a eu lieu à Stockholm en mai 1999. Cette rencontre a eu une suite concrète puisque la galerie ACC de Weimar a invité Škuc et attitudes à concevoir une exposition dans son espace. Chaque organisme a proposé un concept et une sélection d'artistes. Le projet de Škuc est " de mettre l'accent sur des artistes de Slovénie, de Hongrie, de Bosnie & Herzegovine, de Croatie et d'Allemagne. C'est un chemin entre des générations, un parcours géopolitique et également un regard sur la ligne de la galerie ". Pour sa part, attitudes propose une nouvelle étape du projet "ailleurs", initié en janvier 1999 et déjà développé à travers trois expositions. Bien que radicalement différents, ces deux concepts ont donné naissance à une exposition sans distinction entre les artistes des diverses provenances.


attitudes: elsewhere 4

Raphaël Boccanfuso (1964, vit à Paris) explore, dans son travail, les mécanismes du monde de l'art. Il utilise très souvent sa voiture comme outil privilégié de ses interventions. Un de ses projets consistait à traiter sa voiture comme un colis, et à l'envoyer d'un point à un autre. Nous lui avons proposé un contexte, c'est-à-dire un expéditeur et un destinataire. Il a donc emballé sa voiture avec du scotch brun et du carton, tel un paquet postal, et, à la fois artiste et chauffeur, il a effectué le trajet entre Ljubljana et Genève, créant ainsi l'oeuvre lien de l'exposition stockholm connection. Ce travail intitulé "Nothing to declare / Rien à déclarer", existe en deux étapes. D'une part, sous la forme du parcours/performance, avec un départ organisé lors d'un vernissage à la galerie Škuc et une arrivée annoncée devant l'entrée d'attitudes à Genève. D'autre part, au travers de l'exposition de divers documents relatant cette action (photographies, vidéo, banderoles de départ et d'arrivée et habits du pilote comportant le sigle "Rien à déclarer" bien connu des douaniers et des frontaliers genevois, etc.).

raphaël boccanfuso raphaël boccanfuso

 

Autour de l'idée du voyage, le public découvre aussi la série des "Voyages Apocalyptiques", un projet en cours sur lequel Christoph Draeger (1965, vit à New York) travaille depuis 1994. Il s'agit de photographies couleurs, prises dans différents lieux du globe, qui donnent à voir quelques beaux paysages, des immeubles de banlieues ou encore des gratte ciels célèbres. Ce qui réunit ces lieux, ce sont les catastrophes, naturelles ou accidentelles, qui les ont marqué un jour ou l'autre. L'accident ou le désastre sont rarement lisibles sur l'image, à moins que l'artiste ne se soit trouvé sur place peu de temps après un tremblement de terre (à Kobe au Japon), ou lors d'une commémoration (au stade Furiani à Bastia). Cependant, un titre rappelle la date et le lieu de la prise de vue. Des noms de villes qui, associés à un cours texte, résonnent dans la tête de chacun comme des espaces sombres d'une mémoire collective suralimentée par les médias.

christoph draeger christoph draeger

 

Eric Hattan (1955, Paris/Bâle) propose une installation composée de 5 vidéos intitulées respectivement " Unplugged 1, 2, 3, 4 et 5". Dans chacune d'elles, il retourne l'emballage de divers objets. Rien, ou presque, ne laisse entrevoir que ces vidéos ont été réalisées dans différents pays. Seules certaines inscriptions publicitaires donnent des indices sur les pays où l'action a eu lieu : Taiwan (Taipei), France (Paris), Egypte (Le Caire), Islande (Reykjavik) et Allemagne (Weimar). Ces gestes répétitifs sont considérés par l'artiste comme un moment de méditation solitaire durant laquelle il enlève tout commentaire aux objets. A Weimar, Eric Hattan a spécialement réalisé une vidéo où il retourne les cinq boîtes en carton qui contenaient les télévisions; ces boîtes, utilisées comme socles de leur contenu habituel, apparaissent aussi comme le résultat d'un processus visible sur l'un des écrans. L'ensemble des vidéos - toutes sonorisées - fait penser à une sorte d'orchestre de chambre intime et ludique.

eric hattan

 

 


Mauricio Dias & Walther Riedweg (1964, 1955, vivent à Bâle) réalisent des projets artistiques à partir d'une analyse socioculturelle d'un contexte précis. La vidéo projetée à Weimar, "Os Raimundos, os Severinos e os Franciscos", fait partie d'un projet conçu et réalisé en 1998 pour la Biennale de Sao Paulo. Les artistes ont mis en scène des concierges qui entrent l'un après l'autre dans un décor fictif représentant une petite pièce d'appartement. Chacun s'occupe à une tâche quotidienne, s'installe comme il peut et, insensible à la présence des autres, semble attendre que le temps passe. Bien qu'omniprésents à Sao Paulo, ces hommes qui viennent tous des régions pauvres du Nordeste sont ignorés par la population locale et donc quasi invisibles. Même leurs noms sont réduit à des patronymes communs.

Mauricio Dias  & Walther Riedweg



Elisabeth Saveri
(1965, vit à Los Angeles) réalise des peintures figuratives de petit format. Elle cherche à mélanger la réalité de sa vie quotidienne avec des éléments qui proviennent d' un ailleurs. Lors d'un voyage de préparation à Weimar, nous avons, à sa demande, photographié le bâtiment de la Galerie ACC, l'exposition en cours et l'environnement urbain. De ces images lointaines et inconnues, elle en a sélectionné dix, qu'elle a transposé en peinture (vues de corridors, détails d'œuvres, éléments de mobilier et quelques personnes). Parallèlement, elle a continué a peindre son environnement personnel, et notamment ses déplacements en voiture sur les autoroutes qui traversent Los Angeles. Pour "elswhere 4", elle a proposé deux groupes de peintures: l'un donne un regard sensible sur son lieu de vie, qui est un "ailleurs" pour les visiteurs de l'exposition, l'autre sur le lieu de l'exposition qui est un "ailleurs" pour elle.

elisabeth saveri
 
elisabeth saveri
   
elisabeth saveri

 

L'exposition se termine avec les photographies et la vidéo du projet " Pronostic éventuel " réalisé par Koka Ramishvili (1955, vit à Tbilissi). Depuis la dissolution de l'Union soviétique, Tbilissi, capitale de la Géorgie, a vu s'implanter de nombreuses missions diplomatiques. Intéressé par la manière dont les pays se représentent à l'étranger, l'artiste a demandé à toutes les missions diplomatiques présentes à Tbilissi de pouvoir filmer leurs bâtiments, à l'extérieur comme à l'intérieur. Quatre d'entre elles on refusé, huit ont accepté. L'artiste nous convie à une traversée nocturne de sa ville, en passant par les représentations de la France, de l'Angleterre, de l'Allemagne, des USA, de la communauté européenne, de la Chine, de la Pologne, du Vatican, et en butant devant les refus de la Russie, de l'Iran, de l'Arménie et d'Israël. Cette pérégrination urbaine et politique nous fait découvrir de nombreux détails révélateurs de l'image que les diplomaties cherchent à faire passer sur leurs identités culturelles respectives.

koka ramishvili
koka ramishvili
koka ramishvili

 

 

"elsewhere 4", la partie de l'exposition "the stockholm connexion" gérée par attitudes, bénéficie du soutien de Pro Helvetia, de la Fondation Stanley Thomas Johnson et de la Fondation Nestlé pour l'Art.