Mouvement
en collaboration avec La Bâtie - festival de Genève

4 - 14 septembre
présentation de l'intégrale la revue et sélection vidéo de spectacles de danse, du mercredi au samedi de 15 à 19 heures

8 septembre, à 13 heures
rencontre public-artistes, accompagnée d'un brunch, avec: Jean-Marc Adolphe (rédacteur en chef de la revue Mouvement), Klaus Hersche (directeur des Subsistance, Lyon), Olivier Suter (Le Belluard, Fribourg), Nika Spalinger (artiste), Marco Berrettini (danseur), André Waldis (directeur du festival de La Bâtie); modératrice: Elisabeth Chardon (quotidien Le Temps).
Thème de discussion: "Le projet artistique est d'écrire l'oeuvre; le projet politique est de la faire entendre" (Nicolas Frize in: Mouvement n°8, avril 2000, page 24)


MOUVEMENT : QUATRE ANS D'INDISCIPLINE

Mouvement, revue indisciplinaire des arts vivants, éditée à Paris, fête ses quatre ans d'existence. Petit résumé des épisodes précédents à l'usage des nouveaux lecteurs helvètes…

" La revue est conçue comme une initiative contre la routine de la consommation culturelle. Prendre l'initiative, comme on dirait : prendre la tangente ", peut-on lire sous la plume de Jean-Marc Adolphe, édito du n°8 d'avril 2000. Certes, depuis sa création, la revue Mouvement ne s'est jamais pliée aux convenances, ni au bon goût formaté prime time. Elle fait en vérité une toute autre analyse du contexte général, et du contexte culturel français en particulier : " Trop de complaisance. Trop de compositions. Trop de compromis. Trop de compromissions. Trop de compassion. Trop de consommation. Pas assez de conscience. " (édito du n°9, juillet 2000).

Le ton est donné. Un ton polémique, qui rue, et qui dénonce au fil des livraisons : " comment le clan Chirac gangrène la culture ", ou " le scandale permanent au Centre Pompidou " un an après sa réouverture, ou encore les dérapages nauséabonds du désormais ex sous-secrétaire d'État aux Biens culturels italien, l'histrion Vittorio Sgarbi, sur "l'art excrémentiel"… " Pute borgne ! " telle est aussi la réponse aux balivernes néopoujadistes d'un Jean-François Khan, alors directeur de l'hebdomadaire L'Événement du Jeudi, lorsqu'il tempêtait en janvier 2000 : " (…) contre la culture étatique qui, à coups de subventions, a inventé un art officiel incompréhensible au public (…) cette culture française a cessé d'être universelle pour s'enfermer dans une forteresse élitiste. " A posteriori, le constat est cruel, l'Événement du Jeudi a cessé de paraître, quand Mouvement croît et embellit… Cochon de marché !

Comme il ne suffit pas de s'en tenir aux seuls décapages salvateurs, on retiendra entre autres initiatives la pétition lancée en octobre 2000 pour un doublement du budget de la Culture en France (le fameux 1 %) qui a rassemblé près de dix mille signatures…

On ne s'étonnera donc pas de trouver pêle-mêle à l'intérieur de ce doux brûlot des iconoclastes de l'art vivant indiscipliné comme Meg Stuart, La Ribot, Myriam Gourfink, Pippo Delbono, Jean Michel Bruyère, Sasha Waltz ; des subversifs comme le chorégraphe Bernardo Montet, le plasticien Édouard Levé, ou l'écrivain Jean-Charles Massera ; des dossiers de fonds : " Les nouveaux territoires de l'art ", " La parole "vive" au théâtre ", " Montrer l'art ", " Un nouvel art de ville "…

Pour lors, le projet n'est pas d'entretenir des complaisances, de rédiger des hagiographies puisées à même les dossiers de presse, mais de transgresser les frontières, de contrarier les définitions, d'organiser des télescopages. Entre les espace-temps fictifs de Claude Lévêque, surgit Spiderman venu délivrer une employée de Buenos-Aires, carte blanche abattue par l'écrivain et metteur en scène Rodrigo Garcías (n°17 été 2002) ; Dispositif 3.1 du chorégraphe Alain Buffard croise le désert australien où marche la nomade Christine Quoiraud, quand passe le portfolio de nuit du photographe Antoine D'Agata (n°12 avril 2001)… (liste vraiment non exhaustive). "

Le projet artistique est d'écrire l'œuvre ; le projet politique est de la faire entendre ", dit dans une interview le compositeur Nicolas Frize (n° 8 avril 2000). Mouvement constitue en fait une jonction entre des créateurs qui s'opposent à la banalisation culturelle, mondialisée, ou de proximité. Une initiative forcément politique.

La nouvelle formule bimestrielle complétée du supplément musiques actuelles Octopus ne proposera donc aucun planning pour fashion-victims déboussolée par l'offre pléthorique conditionnée sous vide en tête de gondole , il s'agira bien au contraire d'une confrontation au monde, d'un regard critique, d'un réflexe de survie. " Mises en formes, en voix et en corps sans lesquelles nous serions un peu moins humains ", écrit dans son dernier édito Jean-Marc Adolphe. Soyons humain, trop humain ! Pierre-François Moreau, écrivain-journaliste

 

En septembre, pour son numéro 18, Mouvement, la revue indisciplinaire des arts vivants, change de périodicité et de formule. Elle paraîtra désormais tous les deux mois, associée à Octopus, revue indépendante qui existe depuis 7 ans, dédiée aux musiques actuelles. Mouvement, c'est aujourd'hui 40.000 lecteurs, une diffusion en France, Belgique et Suisse, une édition en ligne www.mouvement.net, réactualisée chaque semaine.