Wayn Traub
une collaboration entre la Bâtie, festival de Genève et attitudes

Wayncakes
26 août au 14 septembre
disponibles à attitudes, aux pâtisseries David Paganel et Christophe Berger, à la chocolaterie La Bonbonnière, au bars de l'Am Stram Gram, Chez Lorette à la Comédie, Baraka, et à l'épicerie Giorgio Malerba

Gâteaux de mariage fabriqués de façon traditionnelle comme les joyaux du XVIIIe siècle à la cour française : vernis en blanc, décorés de statues et d'ornements (fleurs...) en sucre ou en chocolat. Les gâteaux sont conçus par Wayn Traub, plasticien et dramaturge. Pour la réalisation, il se fait assister par Sender Wayntraub, "le Roi des pâtissiers et le pâtissier des Rois", le pâtissier le plus connu au monde. Ses gâteaux, avec une allure historique et royale, ont fait sa renommée.

Fidèle à sa mission artistique et à son manifeste du théâtre de l'animalité, Wayn Traub créera des gâteaux de 20 cm de diamètre et de 20 cm de hauteur. Tous les éléments en seront mangeables et faits selon la tradition de la "haute pâtisserie et confiserie". Les couleurs sont les couleurs typiques des gâteaux : une base de blanc, rose et vert pastel avec des accents de rouge sang et de brun chocolat.
Le gâteau représente à chaque fois une autre scène et est emballé dans une boîte ayant une surface en velours doux et dont la face interne contient une copie du manifeste de Wayn Traub. Les scènes visibles à la surface du gâteau sont des documents religieux, gravés dans notre conscience et tradition collectives, mais les scènes à l'intérieur du gâteau sont des fantasmes personnels mystérieux et étouffés.
A la surface, une sculpture apparemment classique, un gâteau plutôt luxueux, prêt à être déguster entre amis. On ne découvre la vraie nature de l'œuvre qu'à la découpe du gâteau. La scène sublime devient une reproduction banale d'une prise de vue pornographique.

Trois raisons principales motivent Wayn Traub à réaliser ces gâteaux : l'art, sa personne et l'histoire. Dans son œuvre artistique, Wayn Traub recherche toujours la zone de contact entre l'agression et la tendresse, entre le saint et le banal, entre le divin et le fugace. Il monte les escaliers de l'église, la zone entre le monde profane et le territoire saint des dieux. C'est dans cette zone que les saints essaient de repousser les esprits malins. Selon lui, c'est dans cette zone intermédiaire que se trouve l'art, l'emplacement d'où un homme peut s'adresser à son peuple.

Wayn Traub est convaincu qu'à cet endroit l'art peut avoir une valeur et une signification plus que personnelle. L'art doit être assez près de l'homme pour qu'il puisse encore le "saisir", mais en même temps il doit être "insaisissable" pour qu'il soit réclamé davantage. L'art doit créer le désir, mais tout autant il doit être confronté avec des interlocuteurs, sinon il n'a pas de sens. Avec ce projet, Wayn Traub pose un point de départ précis : arriver à la purification personnelle par l'animalité, monter au niveau le plus spirituel par l'intermédiaire de la "saleté" humaine refoulée. Il a déjà entamé cette quête dans son œuvre théâtrale où il essaie de créer des rites. C'est pourquoi le théâtre, selon lui, n'est pas un jeu de rôle mais une confrontation réelle avec soi-même, une confession. C'est le moyen ultime pour arriver à l'unique vérité de la vie : la mort. L'art comme moyen de préparer sa propre fugacité. C'est le seul moyen de s'élever au-dessus de la vie, le seul chemin vers la libération spirituelle.
Wayn Traub crée ses rites par l'usage de codes propres, mais cependant reconnaissables, comme les traditions ou les icônes. Un rite ne peut être créé que par des mythes et des images connus et contemporains.
C'est de là que, dans son œuvre, reviennent souvent les armes, les écussons et même les slips de femme. De plus, ses personnages sont d'un côté des personnages catholiques comme la Sainte Marie, le Saint Joseph ou Jean Baptiste mais tout autant Zorro, Michael Jackson ou Jane Birkin. Un symbole reconnaissable comme un écusson est à la fois un écusson, une arme de défense ou un moyen de combat et elle caractérise celui ou celle qui le porte. C'est ce qui devrait caractériser l'art, il devrait être une arme maniable au lieu d'être uniquement un élément de décoration. L'art doit être une déclaration de guerre ainsi qu'une déclaration d'amour.
Dans ce contexte cadrent évidemment les gâteaux : un gâteau est banal, sauf quand il cache une histoire et qu'il est décoré de façon royale. D'un côté cette œuvre est remarquable de par sa présence, mais d'un autre côté, elle ne l'est pas car elle est périssable et mangeable. Elle contient en elle la force d'une statue mais aussi la fragilité d'un gâteau de mariage, le symbole de la grandeur et de la splendeur occidentale mais aussi la décadence de notre société gourmande ; l'éternité de l'âme humaine mais aussi la fugacité de sa faiblesse physique. Les gâteaux sont de surcroît très accessibles. On peut les acheter partout et souvent on les achète aussi lors de festivités (rites !). Wayn Traub a toujours essayé d'apporter ses œuvres près des gens et non de les enfermer dans les musées et les galeries. La vente peut se faire aussi bien à partir de ces institutions qu'à partir des pâtisseries ou des magasins. La meilleure attaque est en effet toujours celle que l'on n'attend pas.

Wayn Traub voit la réalisation de ces gâteaux comme une amorce vers la réalisation d'un joyau de sept mètres de hauteur. Sender est le dernier pâtissier encore en vie qui puisse le réaliser d'après la tradition de la "pièce montée" baroque du XVIIIe siècle. C'est à peu près la dernière chance de faire réaliser un tel joyau puisque Sender a atteint un âge avancé, qu'avec sa mort cette maîtrise artisanale disparaîtra. C'est en outre la dernière possibilité de réunir la maîtrise artisanale et la vocation artistique de Wayn Traub, qui croit que cette association forme le secret de l'art. Jamais un joyau d'une telle hauteur a été réalisé et Sender la considèrerait ainsi comme le couronnement de tout son œuvre et de sa vie. Pratiquement

Pour réaliser ses gâteaux, Wayn Traub a besoin de deux mois. En juillet, un modèle réduit en plâtre sera fabriqué. Ensuite les gâteaux peuvent être fabriqués en grand nombre. Fin août, les gâteaux seront prêts et peuvent être commandés en supplément de façon permanente. Un transport approprié est requis (suivant les normes hygiéniques) Pour que les œuvres restent consommables, il y a quelques conditions : la température dans la pièce doit être contrôlable et constante, la durée de conservation est limitée à 3 mois


La recette
1 - Biscuit d'amande: 4 œufs, 70 gr de farine, 30 gr de poudre d'amande (broyage pur) Réalisation d'après un biscuit classique
2 - Tarte praliné avec une étincelle de goût de café. Une sauce anglaise: 4 jaunes d'oeufs, 100gr de sucre, 1/4l de lait, goût de café(nescafé) Réalisation: faire bouillir le lait, entre temps battre le sucre et les jaunes d'œufs (ruban), mélanger tout et remuer jusqu' à la liaison (à la nappe). Ajouter 100gr de praliné et remuer à plat. Mélanger avec 4bl de gelatine trempée dans l'eau froide. Laisser refroidir. Entre temps: battre à demi épaisseur, 1/2l de crème avec 50gr de sucre. Quand la sauce commence à être enflée, mélanger la crème et bien remuer à plat.
3 - Construction: Couper 2 morceaux de biscuit d'amande et les tremper dans du cognac sucré. Un morceau est employé comme fond dans la forme. Verser la moitié de la pâte dessus. Mettre l'autre morceau de biscuit et verser dessus l'autre moitié de la pâte. Mettre dans le congélateur. Faire une sauce de chocolat blanc (ganache): 200gr de crème, 50gr de beurre, 300gr de chocolat blanc. Verser le chocolat sur la tarte.
4 - Les statuettes seront en chocolat blanc