Wayn Traub
une collaboration entre la Bâtie, festival de Genève et attitudes

La Grand messe de l'animalité
performance à attitudes - espace d'arts contemporains
10, 11, 12 septembre à 19 heures
13, 14 septembre à 21 heures

En prolongation de sa nouvelle pièce de théâtre Wayn Wash I: Maria Dolores - présentée en création au festival de la Bâtie -, Wayn Traub célèbrera "une messe" à l'espace d'arts contemporains attitudes. Pour cette performance, les rites de la messe seront utilisés tant pour la forme que pour le contenu. Le public sera invité à assister à cette messe en tant que croyant. Wayn Traub tentera d'atteindre une purification personnelle et commune qui se concrétisera par l'absorption du vin et la consommation d'une tarte.

Wayn Traub part toujours de l'idée que l'homme - à la recherche d'un équilibre personnel - a un désir permanent d'une forme d'animalité. La société hyper rationnelle et matérialiste occidentale a cependant profondément opprimé l'animal qui sommeille en chacun de nous. Assez d'art réfléchi, raisonné ou analysé, mais plutôt un acte créatif qui réveille les sentiments instinctifs de l'homme. Wayn Traub pense ainsi pouvoir retourner à une forme mystique de l'art, vers le théâtre comme une forme de rituel de transition. Afin de réaliser ce rituel, Wayn Traub part de ses propres expériences, les codes et le langage contemporain, mélangés d'éléments typiques et inhérents à la civilisation européenne. De ce mixage de tradition et de progrès, d'ancien et de nouveau, commence sa randonnée vers une nouvelle raison d'être personnelle.



Le manifeste du théâtre et de l'animalité

1. L'animal est le début et la fin du théâtre de l'animalité. C'est son origine et sa destinée.

2. Le théâtre prend forme à partir d'un désir profond, le cri de l'animal dans chacun de nous (animus). Le créateur transforme ce désir en action (animer) et si sa représentation réussi, l'animal à l'intérieur de l'homme est activé (animal). Le théâtre doit sortir les hommes de leur sommeil d'hiver. Ces trois phases peuvent y contribuer.

3. Le théâtre de l'animalité parle - par les codes et les images de son propre temps - le langage de tous les temps. Le créateur se sert d'un langage qu'il maîtrise et que le public connaît, c'est ainsi qu'un message universel peut être transmis.

4. Le théâtre de l'animalité ne se sert pas de textes, mais d'images. Son point d'origine n'est un concept existant pour l'étalage d'une interprétation ou opinion personnelle. Il part d'une conception personnelle de la vie d'où le théâtre prend forme.

5. Le théâtre de l'animalité doit aliéner. Les acteurs se transforment en créatures divines, animales, pour que le public subisse la même chose. Le théâtre fait voyager les présents vers un autre monde où ils séjourneront dans la présence ou dans l'unité avec une vérité inaccessible. Le théâtre c'est la métamorphose, la libération, le sacrifice de soi-même, c'est mourir afin de pouvoir recommencer de rien. C'est la mort et la naissance. C'est l'alternative d'une vie nouvelle, une nouvelle chance.

6. Le théâtre de l'animalité n'incite pas à la réflexion mais à la mobilisation. Il ne supporte pas les voyeurs et les intellectuels. Un équilibre doit être rétabli; l'homme en tant qu'animal penseur, que danseur poète.

7. Le théâtre de l'animalité incite à la création. Dans la création s'abrite le secret de l'acceptation de la vie. La destruction est le point de départ inévitable de chaque art mais en même temps elle est à l'origine de chaque nouvelle création. Créer veut dire se former.

8. Le théâtre de l'animalité pousse au contact et non à la communication. Il n'a pas de morale et ne veut convaincre personne. C'est un sentiment, c'est une émotion.

9. Le théâtre de l'animalité est une déclaration de guerre, une croisade individuelle équestre armée de boucliers et d'épées. C'est une bataille contre toutes les règles et les applaudis-sements, contre les penseurs et les connaisseurs, les voyeurs et les amis des animaux. Ce n'est pas un anti-théâtre mais un PRO définitif.

10. Le théâtre de l'animalité doit pouvoir admettre sa défaite et accepter que son but soit inaccessible. Le théâtre de l'animalité essaiera de faire apparaître pendant un moment ce que toute le monde prend pour mort depuis longtemps. C'est la recherche d'une vérité plus profonde de la vie, une vérité sacrée qui se cache dans la mort. Le théâtre de l'animalité cherche à donner un sens à la vie de chaque individu.