Vincent Julliard
(F, né en 1969, vit à Cherbourg)
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- performance au Kunstraum Kreuzlingen, lors du vernissage
- Théâtre O.R.L, vidéo et objets

Lieu d'exposition
Kunstraum Kreuzlingen




extrait de la vidéo "Théâtre ORL"


Repères biographiques

Expositions personnelles
2001 Transat Vidéo, Caen / 2000 Frac Basse Normandie, Caen

Expositions collectives
2001 "Bricolages", curateur :attitudes ; Kunstraum Kreuzlingen, Kunstmuseum des Kantons Thurgau, Ittingen, Shed im Eisenwerk, Frauenfeld / 2000 Mir, Nantes / "La valise", Oudon / 1999 Galerie Anton Weller, Paris / XIIIe Rencontres Vidéo Arts Plastiques, CAC Basse Normandie, Hérouville St-Clair / 1998 Chapelle des Beaux-Arts, Cherbourg / "Déplacements", attitudes, Galerie Anton Weller, Paris / "Andere Sichten-alternative spaces - Freie Sicht aufs Mittelmeer", attitudes, Kunsthaus, Zurich

Programmation vidéo
2000 Nova, Bruxelles / 30e Festival international des musiques et créations électroniques, Bourges / 1999 Biennale de Venise, présenté par Care Off (Milan) et Videoex (Zurich) / Soirées Nomades de Station Mir, Fondation Cartier, Paris / Vidéo Formes, Clermont-Ferrand / "Les nuits de la pleine lune", Switch no.3, La Sept Arte / 1997 7ème Semaine Internationale de Vidéo, Saint-Gervais, Genève

Edition
"Rocaille - Courtesy Roudra", double flip book, éd. Frac Basse Normandie, 2000

À propos du bricolage
Si bricoler, c'est faire "avec les moyens du bord", les "moyens du bord" pour moi, c'est mon corps, c'est ma voix, ce sont les petits objets récupérés alentour. Et que faire avec tout ça ?
Quelque chose qui soit : à la fois une bouche et un théâtre, à la fois petit, et grand lorsque l'image vidéo est projetée, à la fois un bric-à-brac et un dispositif optique.
J'oubliais aussi, les "moyens du bord" c'est mon caméscope, c'est la techno-logie avec laquelle presque tout le monde bricole. Parce que, lorsque nous avons à utiliser des appareils sophistiqué, les manuels nous tombent des mains, et nous devons chacun inventer des méthodes particulières qui sont souvent des détours.
Vincent Julliard, 2000

Le théâtre " O.R.L. " de Vincent Julliard
"Ecrire le corps ni la peau, ni les muscles, ni les os, ni les nerfs, mais le reste. Un çà, balourd, fibreux, pelucheux, effiloché, la houppelande d'un clown" (Roland Barthes)
A travers ses installations, ses vidéos, ses dessins et photographies, Vincent Julliard développe depuis quelques années un projet artistique dont l'économie sont le burlesque et la fantaisie. En multipliant ses espaces et supports, l'artiste dresse un portrait de créateur en "homme orchestre" de son propre travail.
Les petites saynètes composent et disposent un ensemble diversifié de scénographies aux éléments qui déclinent les tableaux d'un théâtre burlesque, les différents personnages qui peuplent cet univers théâtral, sans pour autant qu'une narration s'établisse, se présente au spectateur sur le mode de la réduction. En effet, les figures sont affectées d'un coefficient de rétrécissement, à la façon des personnages du conte de Voltaire, Micromégas. Dans son récit, proche en cela des récits de Swift, Voltaire place ses personnages-figurines dans la double perspective du très grand et du très petit, du minuscule. Chez Vincent Julliard, les personnages, mis en scène comme des bateleurs sont des homoncules réduits, mi-grotesques, mi-fragiles, qui font l'article pour des gris-gris sans destination. Les corps deviennent des accroche-décoration, des "portemanteaux" pour ornement de pacotille. La bouche et ses cavités intérieures deviennent ici une scène appropriée pour ce théâtre miniature. Tout un théâtre O.R.L. se développe côté cour/côté jardin, en ménageant un suspense, des corps de théâtre, des revirements de situation. L'espace de la bouche dispose les petites scènes dignes d'un théâtre de Guignol à la façon d'un dispositif de vision, la bouche désigne un spectateur, une scène, un premier plan et tout un appareillage de coulisse : la langue, les lèvres font office de rideaux, de décor, d'encadrement en focalisant l'attention sur les personnages principaux, sur leur accessoires et la série de tableaux qui se succèdent en coulissant. Le médium vidéo enregistre et orchestre ces micro-tours de force, en les dotant d'une dimension temporelle, celle du temps direct, du son, des qualités d'une performance à laquelle nous convie l'artiste.
Pascale Cassagnau

in "Et voici… et voilà", dépliant acompagnant l'exposition "Vincent Julliard - Kapellmeister" à la Chapelle des Beaux-Arts, Cherbourg, 12 mars - 23 mai 1998.