ALAIN BUBLEX

GLOOSCAP - KOLUSKAP
"the dawn town - La ville de l'aube"

Fondation Louis Moret - Martigny
26 juin au 22 août 1999

exposition ouverte du mardi au dimanche, de 14 à 18 heures

Alain Bublex, artiste français né en 1961, vit et travaille à Lyon. Dans toutes ses oeuvres/projets, la fiction tient une place primordiale. Avec l'Aérofiat (dès 1995) ou The camera, as projected (dès 1998), modèles d'objets représentant un chaînon manquant potentiel dans l'histoire du design industriel, l'artiste nous fait croire que chaque objet aurait pu ou peut exister. A l'origine de cette réflexion, Glooscap / Koluskap, oeuvre-ville sur laquelle il travaille depuis 1985, représente son projet le plus emblématique et le plus développé à ce jour.


invitation

A première vue, Glooscap rappelle des villes du nord des Etats-Unis ou du Canada. Le projet de Tony Garnier pour la cité industrielle à Lyon constitue également l'une des bases qui a inspiré la création de Glooscap. "J'avais toutefois à l'esprit qu'il n'était plus possible aujourd'hui de projeter une utopie. Dès le départ, avec Glooscap, j'avais le sentiment que cette aspiration à un monde meilleur était devenu impossible, et que ce projet de ville imaginaire en était le reflet. C'est pour cela, qu'au-delà des parcours qu'elle permet, Glooscap n'est pas une ville idéale."

vue de l'expo

vue de l'expo
vues de l'exposition

La genèse de Glooscap fait souvent état de l'importance du plan - dessin originel sur lequel se fonde le projet. La progression de ce dessin est nourrie en permanence par des images photogra-phiques. L'idée de la photographie amène ainsi le dessin et parallèlement le dessin rend possible la pratique de la photographie. A la fois modèle inspirateur de villes et témoin des paysages urbains créés, les photographies sont partout et toujours présentes. Nombreuses sont les parties du plan de Glooscap qui n'ont d'autres raisons d'être que celle de "construire" un paysage qu'Alain Bublex aurait aimé un jour photographier.

glooscap plan
détail du plan originel de Glooscap

L'exposition à la Fondation Louis Moret se concentre essentiellement sur les photographies "réelles" et les plans d'une ville entièrement imaginée par l'artiste. Un film vidéo - outil contemporain du témoignage et du souvenir - retrace une longue approche nocturne de la ville par l'autoroute.

Alain Bublex a conçu une installation spécifique pour l'espace de la Fondation Louis Moret. Pour une part des photographies "anciennes" retracent l'histoire de la ville du XVIIe siècle à 1939. Ces photographies sont accompagnées de commentaires (en français et anglais, puisque Glooscap / Koluskap se situe sur le territoire canadien) qui entretiennent avec ironie l'ambiguïté de la vraisemblance des images proposées et retracent avec précision les grandes époques de l'histoire de Glooscap.

Une autre partie de l'espace d'exposition est occupée par un ensemble de pièces présentant l'aspect contemporain de la ville. Ici, des plans thématiques (relatifs à l'occupation du sol, au revenu des foyers, à la densité de la population, au système de transport...) accompagnent la présentation de 5 ensembles de 12 photographies réparties en fonction de leur éloignement du centre ville. Ces deux groupes de photographies sont séparés par une série de plans et d'archives, et dominés par un ensemble de photographies panoramiques noir et blanc situées sur la mezza-nine.

Le film intitulé "Koluskap nekotok skitkomig" est projeté au centre de la salle. Il s'agit d'un long et continu travelling avant filmé à travers le pare-brise d'une voiture un soir de pluie, sur une autoroute. Une voix off raconte, en indien, la légende du dieu Glooscap qui est à l'origine du nom de la ville.
Bien que le visiteur soit averti dès l'entrée de l'aspect fictif de cette ville, le parcours dans l'exposition fini par lui donner des preuves de la réalité de Glooscap / Koluskap.

L'exposition est accompagnée par une publication réalisée sous forme d'un ensemble de 16 cartes postales de Glooscap. Alain Bublex cherche à réaliser "des livres qui du fait de leur contenu et de leur forme, pourraient se perdre dans les rayons des librairies, se retrouver rangés dans les sections de tourisme, de géographie ou d'histoire."
Le projet Glooscap se doit d'être continuellement alimenté. L'inachevé fait partie de sa nature : "Dès lors qu'il aboutit, un projet devient un objet, un produit. Dans la plupart des cas, les idées suffisent. Rien n'oblige à réaliser une idée. Que Glooscap existe ou pas, ce n'est pas important. Le fait est que, pour moi, elle existe au moins autant que n'importe quelle ville dans laquelle je ne me suis pas rendu".

Les propos d'Alain Bublex sont tirés de "Alain Bublex, tenir à jour les paysages", interview de Jean-Yves Jouannais in Art Press no.244, pp.25-30, mars 1999


L'exposition Alain Bublex - Glooscap / Koluskap à la Fondation Louis Moret à pu être organisée grâce au généreux soutien de : l'Etat du Valais - département de l'éducation, de la culture et du sport, la Ville de Martigny, l'Ambassade de France en Suisse, la Loterie Romande, la Distillerie Morand la menuiserie/ébénisterie Roccabois.

La Fondation Louis Moret et attitudes tiennent également à remercier la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois de Paris pour sa précieuse collaboration.

Biographie, bibliographie

glooscap
vue de l'ensemble des cartes postales (cliquer sur l'image)

 

 

 


Bublex sur le net:

entrée libre

Ryder Truck Project - Portland Institute for Contemporary Art


 

 
 

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