"jusqu'au bout"
Joost Conijn / Veli Granö /
Matthias Müller / Bill Viola



programme vidéo (110 minutes)
le jeudi 4 octobre 2001 à 21 heures

Joost Conijn (NL, né en 1971, vit à Tilburg)
Vliegtuig (Avion), 28', 1999

Joost Conijn est habité par un besoin incontrôlable de voyager, et c'est cette "nécessité intérieure" qui donne naissance à son travail. Il passe son brevet de pilote en République tchèque, puis décide de construire son propre avion!
Après quelques centaines d'heures d'assemblage, de découpe, de soudure, d'adaptation audacieuse (le moteur est celui d'une voiture), l'avion existe. Interdit d'accès aux aéroports par les "vrais" professionnels de l'aviation, il ne peut faire que quelque essais trop peu probants pour tester les capacités de l'engin. Il décide alors d'aller dans la région la plus proche où il pourra vraiment tester son invention: le désert marocain! Le voyage est une aventure en soi; quant aux premiers essais de vols il ne sont pas sans nous rappeler les défis des pionniers de l'aviation.


Veli Granö
(FIN, né en 1960, vit à Helsinki)
A Strange message from another star, 30', 1998

Dans ce film "documentaire", Veli Granö nous emmène à la découverte du rêve magnifique qui a hanté toute la vie de Paavo Rahkonen : aller vivre sur une autre planète. Les abîmes dans lesquelles l'humanité peut sombrer, les horreurs de la guerre, et tout particulièrement le potentiel destructif de la bombe atomique, ont créé chez le jeune Rahknonen, finlandais émigré aux Etats-Unis, la ferme résolution de quitter cette planète hostile pour la tranquillité d'un autre monde. Passionné par cette idée, il conçoit des fusées et développe un carburant artisanal particulièrement performant. Celui-ci attire l'attention de la NASA, qui utilise ses recherches pour créer le carburant qui propulsera les fusées en orbite. Veli Granö explore la beauté et la folie du rêve de Rahkonen et son itinéraire peu orthodoxe vers les étoiles.


Matthias Müller
(A, né en 1961, vit à Bielefeld)
Vacancy, 15', 1999
"Quand je suis né, une cité blanche et brillante est apparue au milieu de la savane. En traçant une croix sur le sable rouge, les hommes ont projeté un nouveau monde. Environ 40 ans plus tard, je suis allé pour la première fois voir ce lieu, Brasilia, l'utopie obstinée d'un monde meilleur, faite de ciment armé. L'inclusion d'éléments tirés d'un documentaire amateur tourné pendant l'inauguration de Brasilia fait de mon film une méditation sur le vieillissement des utopies". Matthias Müller Brasilia - "la ville de l'espoir" et "la dernière utopie du 20e siècle" (Umberto Eco) - portraiturée par Matthias Müller, ressemble davantage, dans Vacancy, à un musée entretenu par son personnel qu'à une ville habitée.


Bill Viola
(USA, né en 1951, vit à Long Beach)
Chott el-Djerid (A portrait in light and heat), 28', 1979
"Chott est le nom d'un grand lac salé dans le versant tunisien du Sahara, où les mirages se forment le plus fréquemment à midi. Ici, l'intense chaleur du désert manipule, reflète et déforme violemment les rayons de lumière à tel point que l'on voit des choses qui en réalité n'existent pas. Les arbres et les dunes de sables flottent sur le terrain, les crêtes des montagnes et les bâtiments ondulent et vibrent, les couleurs et les formes se fondent en une danse chatoyante. Les mirages du désert sont montés avec des images de mornes prairies hivernales de l'Illinois et de Saskatchewan, où les conditions climatiques opposées induisent une aura similaire et incertaine, désorientée et étrangère. Finalement, la vidéo ne traite pas tant des mirages que des limites de l'image, c'est à dire la distance à laquelle les conditions normales deviennent défaillantes, ou le manque d'informations visuelles adéquates nous pousse à réévaluer notre perception de la réalité, ou à comprendre que nous assistons à quelque chose qui sort de l'ordinaire - une transformation du physique au psychologique. Si l'on retient que les hallucinations sont la manifestation d'un déséquilibre cérébral (chimique ou biologique), alors les mirages et les distorsions causées par la chaleur du désert peuvent être considérées comme des hallucinations du paysage. C'est comme de se trouver, physiquement, dans un rêve de quelqu'un d'autre".
Bill Viola, 1977

 
   

 

 

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