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Joost
Conijn (NL, né en 1971, vit à Tilburg)
Vliegtuig (Avion), 28', 1999
Joost Conijn est habité par un besoin incontrôlable de voyager,
et c'est cette "nécessité intérieure" qui donne naissance
à son travail. Il passe son brevet de pilote en République
tchèque, puis décide de construire son propre avion!
Après quelques centaines d'heures d'assemblage, de découpe,
de soudure, d'adaptation audacieuse (le moteur est celui d'une
voiture), l'avion existe. Interdit d'accès aux aéroports par
les "vrais" professionnels de l'aviation, il ne peut faire
que quelque essais trop peu probants pour tester les capacités
de l'engin. Il décide alors d'aller dans la région la plus
proche où il pourra vraiment tester son invention: le désert
marocain! Le voyage est une aventure en soi; quant aux premiers
essais de vols il ne sont pas sans nous rappeler les défis
des pionniers de l'aviation.

Veli Granö (FIN, né en 1960, vit à Helsinki)
A Strange message from another star, 30', 1998
Dans ce film "documentaire", Veli Granö nous emmène à la découverte
du rêve magnifique qui a hanté toute la vie de Paavo Rahkonen
: aller vivre sur une autre planète. Les abîmes dans lesquelles
l'humanité peut sombrer, les horreurs de la guerre, et tout
particulièrement le potentiel destructif de la bombe atomique,
ont créé chez le jeune Rahknonen, finlandais émigré aux Etats-Unis,
la ferme résolution de quitter cette planète hostile pour
la tranquillité d'un autre monde. Passionné par cette idée,
il conçoit des fusées et développe un carburant artisanal
particulièrement performant. Celui-ci attire l'attention de
la NASA, qui utilise ses recherches pour créer le carburant
qui propulsera les fusées en orbite. Veli Granö explore la
beauté et la folie du rêve de Rahkonen et son itinéraire peu
orthodoxe vers les étoiles.

Matthias Müller (A, né en 1961, vit à Bielefeld)
Vacancy, 15', 1999
"Quand je suis né, une cité blanche et brillante est apparue
au milieu de la savane. En traçant une croix sur le sable
rouge, les hommes ont projeté un nouveau monde. Environ 40
ans plus tard, je suis allé pour la première fois voir ce
lieu, Brasilia, l'utopie obstinée d'un monde meilleur, faite
de ciment armé. L'inclusion d'éléments tirés d'un documentaire
amateur tourné pendant l'inauguration de Brasilia fait de
mon film une méditation sur le vieillissement des utopies".
Matthias Müller Brasilia - "la ville de l'espoir" et "la dernière
utopie du 20e siècle" (Umberto Eco) - portraiturée par Matthias
Müller, ressemble davantage, dans Vacancy, à un musée entretenu
par son personnel qu'à une ville habitée.

Bill Viola (USA, né en 1951, vit à Long Beach)
Chott el-Djerid (A portrait in light and heat), 28',
1979
"Chott est le nom d'un grand lac salé dans le versant tunisien
du Sahara, où les mirages se forment le plus fréquemment à
midi. Ici, l'intense chaleur du désert manipule, reflète et
déforme violemment les rayons de lumière à tel point que l'on
voit des choses qui en réalité n'existent pas. Les arbres
et les dunes de sables flottent sur le terrain, les crêtes
des montagnes et les bâtiments ondulent et vibrent, les couleurs
et les formes se fondent en une danse chatoyante. Les mirages
du désert sont montés avec des images de mornes prairies hivernales
de l'Illinois et de Saskatchewan, où les conditions climatiques
opposées induisent une aura similaire et incertaine, désorientée
et étrangère. Finalement, la vidéo ne traite pas tant des
mirages que des limites de l'image, c'est à dire la distance
à laquelle les conditions normales deviennent défaillantes,
ou le manque d'informations visuelles adéquates nous pousse
à réévaluer notre perception de la réalité, ou à comprendre
que nous assistons à quelque chose qui sort de l'ordinaire
- une transformation du physique au psychologique. Si l'on
retient que les hallucinations sont la manifestation d'un
déséquilibre cérébral (chimique ou biologique), alors les
mirages et les distorsions causées par la chaleur du désert
peuvent être considérées comme des hallucinations du paysage.
C'est comme de se trouver, physiquement, dans un rêve de quelqu'un
d'autre".
Bill Viola, 1977

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