Pantalla suiza
Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, Madrid
films et vidéos du 10 au 17 février 2003
 

Pantalla suiza est un ensemble de 6 programmes de vidéos et films suisses proposé par attitudes dans le cadre de "Mira Suiza", une série de manifestations organisées à Madrid en parallèle à ARCO'03, avec le soutien de Pro Helvetia, fondation suisse pour la culture. Pantalla suiza sera présenté au Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia.

Swiss mix 1
Judith Albert (née en 1969, vit à Zurich) réalise des sortes de haïkus vidéo, courts poèmes d'images troublantes et sensibles. Dans une atmosphère nocturne, Handzahm capte le mouvement lent d'une silhouette qui récolte des lucioles.


Judith Albert, Handzahm, 2001

Le Collectif_fact (Claude Piguet, Annelore Schneider, Swann Thommen, nés en 1977 et 1979, vivent à Genève) travaille à la création d'une ville virtuelle. Leur vidéo City project 1 : datatown isole les repères graphiques urbains pour proposer un nouvel espace recomposé. Le spectateur est invité à un tour de ville dans un environnement informatisé et nocturne.
site web de Collectif_fact


Collectif_fact, City project 1: datatown

Pour Os Raimundos, Os Severinos & Os Franciscos, Mauricio Dias & Walter Riedweg (nés en 1964 et 1955, vivent à Rio) ont demandé à des concierges de Sao Paolo d'entrer, l'un après l'autre, dans un appartement/décor et de se comporter comme ils en ont l'habitude lorsqu'ils arrivent chez eux. Cette scène collective est un collage simultané de comportements individuels.


Mauricio Dias & Walter Riedweg, Os Raimundos..., 1998

Hervé Graumann (né en 1963, vit à Genève) gère par le biais de l'ordinateur différents éléments qui encombrent un évier, puis il les animent par des mouvement successifs et répétitifs. Dans ses vidéos Overwrite, des objets du quotidien deviennent ainsi les acteurs d'un ballet hypnotique.
site web d'Hervé Graumann


Hervé Graumann, Overwrite VI, 2000

Fabrice Gygi (né en 1965, vit à Genève) interroge les mécanismes mis en place par diverses formes d'autorité. Sa vidéo A gentleman's agreement documente une performance au cours de laquelle il enfile un gant rigide surmonté d'une petite maison métallique à laquelle il boute le feu.


Fabrice Gygi, A gentleman's agreement, 2002

Il y a dix ans, Thomas Hirshhorn (né en 1955, vit à Paris) réalisait des actions dans l'espace public. Pour Fifty fifty à Belleville, il s'est placé à l'entrée d'une bouche de métro à Paris, et a distribué une série originale de collages et de dessins. Les passants, étonnés par ce "tract" mystérieux, tantôt le prennent tantôt le refusent.
Les vidéos de Thomas Hirshhorn sont distribuées par BDV, Paris.


Thomas Hirshhorn, Fifty fifty à Belleville, 1992

Avec Peak, Zilla Leutenegger (née en 1968, vit à Zurich) compose une sorte de story-board d'un film à venir. Dans des dessins successifs, elle insère l'image de son corps qui s'accroche et joue avec les contours d'un lampadaire ou d'une ligne électrique. courtesy: galerie Peter Kilchmann, Zurich
site web de Zilla Leutenegger


Zilla Leutenegger, Peak, 2001

Après trente ans de travail artistique, Ingeborg Lüscher (née en 1936, vit à Tegna) a commencé à réaliser des vidéos. Fusion est la mise en scène d'un match de football dont les joueurs sont vêtus de costumes d'hommes d'affaires. C'est une manière de considérer le monde des affaires comme un jeu et un sport, dont les résultats dictent le destin des gens.
remerciements à Videocompany, Zoffingen


Ingeborg Lüscher, Fusion, 2001

Pour réaliser leur travail, Nathalie Novarina & Marcel Croubalian (nés en 1967, vivent à Versoix/Genève) utilisent principalement l'ordinateur. Hybrid systems est une vidéo numérique qui montre la naissance dans une capsule d'un être artificiel, puis sa mise en mouvement ainsi que son clonage standardisé et automatisé.


Nathalie Novarina & Marcel Croubalian
Hybrid systems, 2002

Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger (nés en 1967 et 1964, vivent à Uster/Zurich) créent un monde où nature et artifice se côtoient dans des installations composées notamment de fleurs, de tuyaux et de concrétions salines. Kamuff est une vidéo tournée en Australie, où l'on suit Gerda Steiner qui traverse en courant des paysages inhabités et délimités par le cadrage du film.
remerciements à Videocompany, Zoffingen


Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger, Kamuff, 1999


Focus Eric Hattan
Connaissant les nombreuses vidéos qui forment son corpus intitulé Béton liquide, nous avons proposé à Eric Hattan (né en 1955, vit à Paris et Bâle) de composer spécialement un programme pour la projection extérieure du Reina Sofia. En effet, ses films créent une poésie de l'instant fugace, de la scène dérisoire, du geste quotidien, et se prêtent bien à être projetées dans un espace public. A cette occasion, Eric Hattan a réalisé un sampling 1998-2003 composé d'une multitude de séquences courtes qui proposent une vision du réel pleine de surprises.


Eric Hattan, extrait de sampling 1998-2003


dans le hall du musée

Christian Marclay (né en 1955, vit à New York) opère depuis des années dans les domaines artistiques musicaux et visuels. Sa vidéo Telephones propose une sorte de conversation téléphonique sans fin, obtenue par le montage d'une succession de scènes de cinéma dans lesquelles le téléphone joue le rôle principal.
courtesy: Paula Cooper gallery, New York


Christian Marclay, Telephones, 1995


Swiss mix 2
Olaf Breuning (né en 1970 , vit à New York) crée une iconographie hantée de références cinématographiques spectaculaires, où le fantomatique côtoie le ludique, le gore ou le kitsch. Ugly Yelp est une de ses rares vidéos en noir et blanc. Dans la nuit, des personnages hallucinés se livrent à d'étranges actions collectives et d'inquiétants rites initiatiques.
courtesy: galerie Ars Futura, Zurich


Olaf Breuning, Ugly Yelp, 2000

Christoph Draeger (né en 1965, vit à New York) travaille depuis des années sur le thème de la catastrophe. Après le 11 septembre 2001, considérant que des menaces existent partout en même temps, il imagine la fin du monde vécue en direct à la télévision. Le présentateur de The last news est à la fois commentateur et victime.


Christoph Draeger & Reynold Reynolds,
The Last news
, 2002

Yan Duyvendak (né en 1965, vit à Barcelone et Genève) est un des performers les plus significatifs de Suisse. Il réalise aussi des installations multimédia, souvent avec Imanol Atorrasagasti. Œil pour œil est un défilé de personnalités captées à la télévision, sur lesquels l'artiste plaque sa propre image, créant ainsi des humains hybrides et hantés "par l'autre".
site web de Yan Duyvendak


Yan Duyvendak, Oeil pour oeil, 2002

Jérémie Gindre (né en 1978, vit à Genève) aime raconter des histoires, souvent courtes, parfois absurdes, toujours drôles. Jamás volvera a ser como era montre une succession de plans fixes d'un hangar qui est sans cesse transformé. Un lieu banal ou même désaffecté est ici générateur d'activités et de vies multiples, qu'elles soient réelles ou fantasmées.


Jérémie Gindre, Jamas volvera a ser como era, 2002

Dans Let's pretend, Laurence Huber (née en 1968, vit à Genève) se met en scène en image incrustée dans un univers poétique où se succèdent des vues de laboratoire médical et des détails de cellules vivantes. Un gros plan sur son œil, dont la prunelle est animée par un foyer coloré, insiste sur la constante évolution qui anime le corps humain.


Laurence Huber, Let's pretend, 2002

Artiste vidéo par excellence, Zilla Leutenegger (née en 1968, vit à Zurich) met en scène dans Oh Mein Papa la promenade improbable d'une jeune femme juchée sur une pelleteuse à travers un chantier. L'image est travaillée de sorte que la scène apparaît comme irréelle ou rêvée.
courtesy: galerie Peter Kilchmann, Zurich
site web de Zilla Leutenegger


Zilla Leutenegger, Oh mein papa, 2002

Tel un virus, Gianni Motti (vit à Genève, mène une vie exemplaire) s'infiltre dans des secteurs très variés de la société. Lors des élections américaines de 1996, il s'est porté candidat à la présidence, car comme les Etats-Unis mènent leur politique à l'échelle du monde, l'artiste estime que leur président peut être un citoyen de n'importe quel pays.


Gianni Mott, Motti'96, 1997

Par des bandes et des installations vidéos, Shahryar Nashat (née en 1975, vit à Rome) explore les mécanismes du mental et de la mémoire. 154 days est l'histoire d'un narrateur qui envoie quotidiennement une lettre à quelqu'un. Il décrit ses conditions de détention. Les images sont la projection de sa réalité ou la réalité de son quotidien.


Shahryar Nashat, 154 days, 2002

Sur le site Internet du FBI, Marco Poloni (né en 1962, vit à Genève) a trouvé et copié une interview muette d'un présumé terroriste d'Al-Qaïda, sur laquelle il a post-synchronisé un extrait sonore du film Profession reporter d'Antonioni. Cette brève vidéo pose la question de l'authenticité et de l'interprétation des documents officiels.


Marco Poloni, Mister Locke..., 2002

Daniel Schibli (né en 1963, vit à Zurich) réalise des installations et des vidéos performatives. Dans Papierstücke, il crée des personnages en papier auxquels il donne vie dans des scènes de western, de cavalerie ou d'aventure. Il revisite ces genres avec une simplicité déconcertante et un humour détaché.


Daniel Schibli, Papierstücke, 2002

Dans Si c'est elle, Ingrid Wildi (née en 1963, vit à Genève) filme, en plans fixes alternés, trois hommes qui évoquent la personnalité d'une femme qu'ils ont aimée. Les propos sont sensibles, précis, se recoupent ou se contredisent, mais l'identité la femme en question, qu'elle soit une ou multiple, n'est pas dévoilée.


Ingrid Wildi, Si c'est elle, 2001



Focus Emmanuelle Antille
Wouldn't it be nice, 1999
Night for day
, 2000
Radiant Fantasy
, 2000
Lee's season
, 2001

Dans ses quatre films réalisés entre 1999 et 2001, Emmanuelle Antille (née en 1972, vit à Lausanne) détermine à la fois un style et un monde très personnels. Elle construit une œuvre intense orientée notamment sur l'analyse de l'identité individuelle, du fonctionnement psychologique de l'être humain et des relations familiales et sociales. La plupart du temps, elle développe ses projets en plusieurs étapes et sur plusieurs supports : films vidéo, installations de plusieurs vidéos montrées sur moniteur et en projection et accompagnées de mobilier, photographies, musique et textes.
Courtesy: Hauser & Wirth & Presenhuber, Zurich


Emmanuelle Antille, Night for day, 2000



Focus Peter Fischli & David Weiss
Der Geringste Widerstand
, 1981
Der Rechte Weg
, 1983
(copies spécialement produites avec des sous-titres en anglais)

En créant et en jouant eux-mêmes les figures du rat et de l'ours pour ces deux films , Peter Fischli & David Weiss (nés en 1946 et 1952, vivent à Zurich) posent les bases de l'ensemble de leur travail. Ils réfléchissent et agissent à deux, leur comportement désinvolte permet l'émergence d'idées fulgurantes, leur imaginaire n'a d'égal que leur humour, et avec tout ça ils ont envie de faire de l'art et de réussir. Comme ils savent rester naturels et qu'ils ont un sens de l'autodérision, leurs films gardent leur fraîcheur initiale et leur oeuvre est aujourd'hui largement connue et reconnue.
Les films de Peter Fischli & David Weiss sont distribués par T&C Film, Zurich.


Peter Fischli & David Weiss
Der Geringste Widerstand
, 1981



Focus Christian Frei
War photographer
, 2001
(version 35 mm, 96')

Au cours des années 90, de plus en plus d'artistes qui évoluent dans le champ de l'art contemporain ont opté pour une approche documentaire du réel. A la Documenta XI en 2002, une très grande part des œuvres pouvait être qualifiée de documentaire. En écho à ce constat, nous proposons la présentation de War photographer, un long métrage réalisé par le cinéaste suisse Christian Frei (né en 1959, vit à Zurich). Dans ce film, le réalisateur suit le photographe de guerre James Nachtwey dans son quotidien hallucinant. Il a même fixé une microcaméra sur l'appareil du grand reporter. Ce film impressionnant alimente de manière significative le débat sur le documentaire de création, sur la photographie de reportage, sur l'information, et sur la question de l'éthique de l'humain face à l'horreur et à la misère du monde.
www.war-photographer.com


Christian Frei, War photographer, 2002